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Les Poissons d'Amazonie
Apaiari
-
Oscar (Astronotus
ocellatus)
Ces
amusants cichlidés, surtout connus des aquariophiles du monde entier,
restent en dépit d'une taille relativement modeste pouvant tout de
même atteindre 1Kg, de très
amusants poissons
de sport. Toujours embusqués dans les rochers et les bois morts des
secteurs calmes des cours d'eau et des lacs, leur capture est plus
anecdotique que ciblée et intentionnelle. Mais avec leur défense
forcenée, toujours surprenante et peu en rapport avec leur poids, et leur
superbe livrée, ces très jolis poissons sauront émailler vos parties
de pêche de quelques agréables surprises.
Il existe de nombreuses espèces
d'acaras, jolis cichlidés fort combatifs et attaquant les grosses
mouches sans complexe, parmi lesquels les jolis acaras papagaio à la
gueule en forme de bec de perroquet.
Apapá
- King Gold (Pellona castelnaeana)
Un cousin du tarpon dans les fleuves amazoniens. Egalement connu sur
l’Orénoque sous l’appellation de sardinita. Sans aucun doute, le seul cupleidé
cent pour cent dulçaquicole. Vit essentiellement en banc dans les eaux
courantes, où il se nourrit de poissons. L’apapa est un beau poisson
de sport, extrêmement agressif, et attaquant très bien les streamers.
Piqué à l’hameçon, se débat comme un diable dans de l’eau bénite.
L’apapá
rappelle le baby tarpon à bien des égards, par sa morphologie, bien
que de livrée un peu plus dorée, et par son intense activité
alimentaire. Mais cependant, sa répartition est assez irrégulière. Les
spécimens de 5 ou 6 kilos ne sont pas rares: ce qui fait de notre
tarpon d'eau douce un adversaire potentiel de premier choix.
Aruanã
- Arowana (Osteoglossum
bicirrhosum)
Un
proche parent de l’arapaïma, mais en taille infiniment plus réduite.
Cet étrange poisson est connu des naturalistes pour sa propension à
jaillir de l’eau à la verticale dans les branches basses des arbres
surplombant l’eau pour se saisir des araignées et autres gros insectes,
qui composent son menu quotidien*. Il ne dédaigne pas à l’occasion le
poisson fourrage, ainsi que nos imitations… Avec sa gueule évoquant
celle du tarpon, pourvue de deux barbillons au menton, son corps
longiligne, plat, cuirassé de grandes écailles, en dépit d’une taille
relativement modeste ( 5 à 6 kilos), l’aruana est un sacré combattant,
plein de fougue, à la défense aérienne. Un très beau poisson de sport
qu’on a beaucoup de plaisir à rechercher.
Bicuda
-
Spotted
pike-characin
(Boulengerella
cuvieri)
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La silhouette
familière de ce carnassier extrêmement vif, qui n'est pas sans évoquer
celle du brochet lui vaut d'être nommé par les américains" amazonian
pike". Egalement
appellé
en certains endroits du Brésil "pirapucu" ou encore "piapoucou" en
Guyane Française où il est présent dans le fleuve Oiapoque. La gueule
de notre animal, pavée de petites dents coupantes, et très dure, rend
difficile la pénétration des pointes de l’hameçon. En conséquence,
relativement peu de poissons touchés sont mis au sec, d’autant plus
que la défense de notre animal, extrêmement explosive est également
très aérienne.
Cachorra
- Payara (Hydrolycus scomberoides)
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Littéralement, « la chienne », en portugais du Brésil, Payara ou
guapeta pour les Sud-américains hispanophones ou encore poisson-chien
en Guyane française où seule une variété n’atteignant qu’une taille
insignifiante a été répertoriée sur le haut Maroni. Il existe
également d'autres sous-espèces dans le bassin de l’Amazone et de l’Orénoque.
Ce
poisson est le prédateur avec un P majuscule s’il en est un. De par sa
dentition phénoménale, à l’instar de son cousin le poisson tigre
africain, il relègue presque le piranha, autre parent proche,
également membre de « la confrérie de la dent affûtée », au rang de
ruminant. Sa gueule, largement fendue en arrière de l’oeil, et pouvant
s’ouvrir en angle droit, est caractérisée par deux canines
surdimensionnées de la mâchoire inférieure qui s’imbriquent dans des
excavations-fourreau correspondantes du maxillaire supérieur. Les
autres dents, plus petites sont d’une acuité extrême. La morphologie
de notre animal est adaptée aux eaux rapides et n’est pas sans évoquer
celle des salmonidés. On pourrait définir la cachorra comme une sorte
de truite steelhead pourvue d’une gueule de grand fauve. Son poids
peut dépasser les trente livres. Elle se poste derrière les rochers,
surveillant les courants y compris les rapides d’une violence et d’une
turbulence extrême, où l’idée saugrenue de lancer un streamer n’effleurerait
pas même l’esprit du plus expérimenté et décomplexé des moucheurs. En
effet, une mouche-leurre expédiée dans ces eaux tumultueuses, fût-ce
au moyen d’une ligne à très haute densité, sitôt amerrie, serait
instantanément balayée vers l’aval après avoir lamentablement sillé à
la surface. Et pourtant, la cachorra, à l’affût, bien à l’abris
derrière son rocher, tous sens en éveil ne tolérera pas la moindre
intrusion d’apparence comestible, aussi fugace soit-elle sur son
territoire. Il faut avoir assisté, incrédule au spectacle de cette
attaque éclair dans un courant invraisemblable sur votre mouche pour
réaliser que nous avons affaire à un prédateur hors du commun
On rencontre la Cachorra pratiquement dans tous les affluents de l’Amazone
ainsi que dans les bassins de l'Orénoque au Vénézuela et en Colombie
et de l’Essequibo au Guyana, principalement dans les rapides, en amont
et en aval des chutes, et d'une manière générale, lorsque les cours d’eau
traversent des zones de reliefs.
Pirapitinga
- Red-bellied Pacu
(Piaractus brachypomus)
Encore un
pacou géant comme le tambaqui, bien que n'atteignant pas des
mensurations comparables. Tout
de
même vingt-cinq kilos... Ce gros characidé essentiellement frugivore
et granivore est également dans les faits omnivore, et ne dédaigne pas
esches carnées, morceaux de poissons, crevettes, etc... On le capture
assez fréquemment aux leurres, cuillers, poisson-nageurs et bien
entendu au streamer qu'il assimile à un poissonnet ou en tout cas à
quelque chose de comestible et vivant. Les locaux le capturent
également selon la technique dite de la " batida"( ref. chapître sur
le tambaqui), car on le voit assez fréquemment gober et marsouiner
sous les arbres fruitiers. Contrairement au tambaqui qui vit
essentiellement dans les eaux calmes et en forêt inondée, le
pirapitinga se rencontre souvent dans les eaux courantes, voire même
dans les rapides où on peut l'imaginer, il devient extrêmement
difficile de le mettre au sec, d'autant plus que l'animal, est d'une
vigueur inimaginable, que l'on pourait aisemment comparer à celle d'un
carangidé à poids égal.
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Matrinxã
(Brycon amazonicus)

Egalement appelé " moloko" en Guyane Française sur le
Maroni. Encore un characidé. Ce poisson présente une
incontestable allure de chevesne, y compris des mœurs
assez analogues, avec une propension alimentaire pour
les fruits, graines, mais aussi, insectes, alevins,
crevettes. Méfiant comme son sosie européen, mieux vaut
le pêcher avec des ruses de sioux.
Piranha - Black
Piranha
(Serrasalmus rhombeus)
On ne présente plus
cet emblématique habitant des eaux amazoniennes. Au
point que s’il est un seul poisson d’Amazonie que tout
le monde
connaisse,
il s’agit bien du piranha. La voracité de notre animal
n’est pas une légende. Quant à son anthropophagie, elle
est sans aucun doute quelque peu exagérée, et ne
concerne pas toutes les espèces qui sont pour la plupart
d'entre-elles végétariennes. Quoi qu’il en soit, il s’agit
d’un poisson caractérisé par un féroce appétit, et une
activité quasi-permanente. On le trouve partout : dans
les calmes, dans les courants, y compris dans les
rapides les plus impétueux, et en aval des chutes.
Certaines espèces, comme le piranha noir peuvent
atteindre une belle taille ( aux alentours de quatre
kilos). Ce qui représente déjà un fort joli poisson au
bout d’une canne à mouche, d’autant plus qu’il s’agit d’un
combattant de tout premier ordre.
Pirarucu
(Arapaima Gigas)
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Le
plus grand poisson à écailles d’eau douce de la planète. Etrange
animal d’un autre âge. Peut atteindre 250 à 300 kilos, pour une longueur
avoisinant les trois mètres cinquante… Et ce monstre, puisqu’il s’agit
bien d’un monstre, mord très bien à la mouche, qu’il inhale d’une
distance de plusieurs dizaines de centimètres avec sa gigantesque
gueule-aspirateur. Où trouve-t-on le pirarucu?
Un peu partout en
Amazonie, mais moins qu'on ne le souhaiterait, c'est certain. La
qualité de sa chair et la relative facilité de sa capture sont
responsable de sa quasi-disparition il y a quelques décennies. Il faut
savoir que l'une des caractéristiques remarquables de notre grand
poisson est de venir respirer à la surface à intervalles réguliers à
la manière du tarpon. Or une fois repéré, il suffit d'attendre la
prochaine émergence de notre animal, presque toujours au même endroit, et
de le harponer dès qu'il apparaît. Objet d'un commerce à grande
échelle, les filets de pirarucu étaient salés et conditionnés comme du
cabillaud et même expédiés jusqu'en Europe où ils étaient souvent
consommés sous l'appellation de morue sèchée, le fameux" bacalhau" du
portugais colonisateur du Brésil. Peut-être vos arrière-grands parents
ont-ils mangé de l'arapaïma salé sans le savoir... Mais on a su réagir:
des réserves où notre géant coule des jours paisibles ont vu le jour
en divers endroits d'Amazonie. Il aurait même été introduit en dehors
de l'Amazonie, notamment en Thailande. De plus, son élevage en
pisciculture est relativement facile: peu exigeant en oxygène et
extrêmement éclectique quant à son alimentation, il suffit d'avoir
l'espace et la nourriture en quantité pourvu qu'elle soit riche en
protéines animales.
Pirarucu signifie globalement en langue amérindienne Tupi : poisson
rouge. Pira = poisson . Rucu désigne une petite baie à la pulpe rouge,
dont certaines tribus d’Amazonie s’enduisent le corps ( ref. les
Roucouyennes de Guyane Française ou Wayanas). En effet, la région
caudale de l'arapaïma présente une superbe livrée dégradée qui va du
fuschia au pourpre. Cette caractéristique est nettement plus marquée
chez le mâle que chez la femelle.
Tambaqui
(Colossoma
macropomum)
Cet
espèce de pacou colossal peut atteindre les quarante-cinq kilos,
lorsqu'on lui en laisse le temps toutefois, tant sa chair est estimée
par les populations riveraines qui malheureusement en font un commerce.
Mais heureusement, ce poisson est relativement facile à élever, et on
voit poindre ça et là un peu, partout en Amazonie des piscicultures
spécialisées dans l'élevage du tambaqui.
Et c'est tant mieux pour les
poissons sauvages. Malgré tout, les sujets de dix, quinze, voire vingt
kilos ne sont pas trop rares. Comme tous les pacous, le tambaqui est
essentiellement granivore et fructivore, mais de fréquentes captures
aux esches carnées et autres morceaux de poissons, crevettes, crabes
d'eau douce, etc. attestent qu'il s'agit bien d'un omnivore, même s'il
est fréquemment observé posté sous les arbres en train d'attendre la
chute de certains fruits qu'il engloutit dans des gobages dignes de
provoquer un infarctus aux moucheurs que nous sommes. Peut-on prendre
le tambaqui à la mouche? A la mouche, peut-être pas selon l'acception
entomologique du terme, mais au fouet sans aucun doute, puisque les
riverains du bassin amazonien le capturent selon une modalité tout à
fait comparable à celle de notre fouet, à l'aide d'un long jet d'un
bois tropical extrêment souple et flexible, équipé d'un cordonnet deux
à trois fois plus long que la canne, et en guise de mouche, tout
bêtement un des fruits dont se repaît notre costaud. La technique
nommé au Brésil " batida"( littéralement à battre, à taper) consiste à
fouetter ce fruit en lui faisant frapper sèchement la surface, dans
les zones où des tambaquis ont été repérés, à savoir sous les
frondaisons d'arbres fruitiers, ce qui a pour but de simuler la chute
des fruits à la surface, et attirer l'attention du tambaqui. Comme
quoi, nous n'avons rien inventé. Nous n'avons pas eu le loisir
d'assister à ce spectacle, pour la simple raison que la période du
tambaqui se déroule pendant la saison des pluies, qui n'est pas des
plus a gréables
en Amazonie, et essentiellement dans la forêt inondée. Or, ce n'est
pas vraiment l'époque des autres espèces pêchables à la mouche. Mais
de nombreux témoignages dignes de foi attestent de l'efficacité réelle
de cette technique. Une synthèse de cette méthode traditionnelle et de
notre technique est-elle possible? Nous le croyons. Certains maîtres à
pêcher brésiliens se sont déjà penché sur le sujet et ont conçu des
modèles de mouches-imitations de graines et de fruits tout à fait
réalistes, qui fonctionnent très bien sur d'autres variétés de
characidés fructivores, aux moeurs voisines de celles du tambaqui. Il
faudrait sans aucun doute consacrer un séjour entier à la recherche de
ce poisson à la mouche. Nous allons nous y employer.
Si le peacock-bass est considéré à juste titre comme une version "
survitaminée" du black-bass, on peut en dire autant du tambaqui à
l'adresse de la carpe dont il partage une même morphologie trapue.
J'ai encore en mémoire ce jour où lors d'une pêche de l'arapaïma, sur
une ile de l'Archipel de Marajo dans le delta de l'Amazone, l'esche
initialement destinée à nos pirarucus fut engloutie par un tambaqui
qui malgré ses " modestes" vingt livres nous opposa une lutte
probablement supérieure à celle d'un pirarucu du double de ce poids.
Trairão
- Aimara - Giant trahira (Hoplias
macrophthalmus)
Ce
carnassier, nommé en Guyane française aymara pour la
plus grande espèce pouvant atteindre les quarante
kilogrammes* et Patagaïe (pour une sous-espèce n’excédant
pas deux à trois kilos, n’a sans doute pas évolué depuis
l’ère secondaire. C’est un bien étrange prédateur à la
morphologie trapue, tout en muscle, à la livrée très
sombre et pourvu d’une dentition digne d’appartenir à un
saurien. L’angle facial de notre animal dénote à n’en
pas douter une certaine bestialité primaire. Poisson de
la jungle par excellence, la traira vit dans sa cache
sous des amas de bois morts, dans des cavernes, sous les
rochers, dans les excavations de la berge. A l’écoute de
toute vibration émanant y compris de la surface, notre
fauve jaillit comme une torpille hors de son antre pour
saisir férocement sa proie qui peut être tout aussi bien
un poisson, qu’un volatile en train de barboter, un
mammifère, ou encore... un pied ou tout autre appendice
humain. Ce qui arrive très rarement, tant il est vrai
que le biotope où évolue l'aymara n’incite pas
particulièrement à la baignade. |